Selon l'ARCEP, la France comptait 84,7 millions de cartes SIM au début de l'été, un léger recul qui s'explique par l'effondrement des cartes prépayées, alors que les forfaits classiques et les lignes entreprises progressent toujours.

84,7 millions de cartes SIM circulent en France, mais un chiffre cache une vraie surprise. © wisely / Shutterstock
84,7 millions de cartes SIM circulent en France, mais un chiffre cache une vraie surprise. © wisely / Shutterstock

Comme le révèle le régulateur des télécoms, l'ARCEP, ce jeudi 30 juillet dans son dernier observatoire des services mobiles, la France comptait 84,7 millions de cartes SIM en service fin juin, soit 170 000 de moins qu'au trimestre précédent. Ce recul est compensé par, et c'est logique, la très bonne forme des forfaits classiques et des cartes entreprises. C'est surtout du côté des cartes prépayées que la France perd du terrain, avec près de 290 000 cartes en moins en trois mois.

Des forfaits en hausse et des prépayées en chute libre pour expliquer les chiffres des cartes SIM

En France hexagonale, le parc total de cartes SIM (hors M2M, pour les industriels ou les ascenseurs) a atteint les 82,1 millions fin juin, en repli de 170 000 unités sur le trimestre, avec un taux de pénétration de 122,9 %, c'est-à-dire un peu plus d'une carte SIM par habitant en moyenne. Plutôt logique, puisque beaucoup ont une ligne personnelle, et une ligne professionnelle. La baisse, elle, est un vrao trompe-l'œil, car elle touche uniquement les cartes prépayées, en chute de 283 000, tandis que les forfaits classiques progressent de 113 000, un rythme stable depuis plusieurs trimestres déjà.

Concernant le grand public, le parc résidentiel a reculé de 230 000 cartes en trois mois, entièrement à cause des prépayées, qui s'effondrent de 280 000 unités. Il y a eu une vague de résiliations de cartes inactives, notamment en 2G et 3G. Les forfaits résidentiels, eux, continuent leur petite progression, avec 50 000 nouvelles cartes, un rythme similaire à celui de l'an dernier. Sur ce segment d'ailleurs, les opérateurs virtuels (ces fameux MVNO qui louent le réseau des grands opérateurs plutôt que d'en posséder un comme NRJ Mobile, Lebara, ou Auchan Telecom, perdent eux aussi un peu de terrain, avec une part de marché tombée à 4,5 %, contre 4,9 % un an plus tôt.

© ARCEP
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Les professionnels gagnent toujours du terrain. Le parc entreprise grimpe à 12,2 millions de cartes SIM, avec 60 000 lignes supplémentaires sur le trimestre. Ce segment, qui représente 14 % du marché total hors M2M (une proportion stable depuis trois ans) confirme que les usages mobiles professionnels résistent bien mieux aux soubresauts du prépayé grand public. Notons que près de 1,88 million de ces lignes pro sont des cartes SIM dédiées exclusivement à l'internet (clés 4G, applications métiers nécessitant un accès data), contre 1,84 million un an plus tôt.

Cartes SIM outre-mer et objets connectés, le double essor

Dans les territoires ultramarins, la tendance s'inverse complètement, puisque le parc de cartes SIM a progressé de 4 000 unités sur le trimestre, porté par 9 000 nouveaux forfaits qui compensent largement les 5 000 cartes prépayées perdues. Une dynamique positive qui dure depuis un an maintenant, à rebours de ce qui se joue en métropole, pour un taux de pénétration de 111,6 %, nettement inférieur aux 122,9 % de l'hexagone, signe qu'il reste, là-bas, davantage de marge de croissance.

Le prépayé reste globalement plus présent outre-mer qu'en métropole, avec un taux d'utilisateurs de 13 % contre 8 % dans l'hexagone, mais les disparités régionales restent importantes. Le taux de cartes prépayées grimpe par exemple à 42 % à Mayotte, contre seulement 2 % à La Réunion. En Guadeloupe et à Mayotte, les prépayées reculent de 4 000 cartes chacune, alors qu'elles progressent en Martinique et se stabilisent en Guyane. Un vrai patchwork mobile, propre à chaque territoire.

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Terminons par l'internet des objets, le réseau silencieux de machines qui échangent des données sans intervention humaine, via une carte dite M2M, dont nous parlions plus haut, qui peut être glissée dans un compteur, un capteur ou une flotte de véhicules, plutôt que dans un smartphone. Leur nombre atteint 26 millions fin juin, en hausse de seulement 80 000 sur le trimestre, un solde modeste qui cache pourtant 1,16 million de nouvelles cartes vendues sur la période. Beaucoup remplacent simplement d'anciennes cartes désactivées.